Te reconvertir

Démission pour reconversion : démissionner et toucher le chômage pour changer de voie

En principe, démissionner ne donne pas droit au chômage. La démission pour reconversion est l'exception : si ton projet de formation ou de création d'entreprise est validé avant ta démission, tu peux toucher l'allocation chômage (ARE) pendant que tu le réalises.

Tout comprendre ↓

C'est pour toi si…

  • Tu es en CDI depuis plusieurs années et tu veux changer de voie
  • Ton projet demande une formation que tu ne peux pas suivre en gardant ton poste
  • Tu veux créer ou reprendre une entreprise et te lancer à plein temps
  • Ton employeur n'accepte pas de rupture conventionnelle

Moins pour toi si…

  • Tu as moins de 5 ans d'activité salariée : tu n'es pas encore éligible
  • Tu peux garder ton salaire pendant la formation : le projet de transition professionnelle est plus sécurisant
  • Ton projet est encore flou : il risque d'être refusé. Commence par le conseil en évolution professionnelle

Qui peut le faire

  • Il faut être salarié·e en CDI dans le privé, à temps plein ou partiel. Les CDD, l'intérim et les indépendant·es ne sont pas concernés.
  • Il faut justifier d'au moins 1 300 jours travaillés sur les 60 derniers mois, soit environ 5 ans d'activité, chez un ou plusieurs employeurs.
  • Il faut remplir les conditions habituelles pour toucher le chômage.

Concrètement

Tout se joue avant ta démission, en trois étapes :

  1. Tu demandes un conseil en évolution professionnelle (CEP), qui t'aide à construire ton projet.
  2. Tu déposes ton dossier auprès de Transitions Pro, l'organisme de ta région, qui vérifie que ton projet est « réel et sérieux » et te remet une attestation.
  3. Tu démissionnes, puis tu t'inscris à France Travail dans les 6 mois qui suivent la décision.

Ce que tu y gagnes

  • L'allocation chômage pendant ta reconversion, alors qu'une démission classique n'y donne pas droit
  • La liberté de quitter ton poste sans attendre l'accord de ton employeur
  • L'ARCE possible si tu crées ton entreprise : une partie de tes droits versée en capital

Ce que ça demande

  • Un projet très préparé : pour une formation, il faut montrer qu'elle est adaptée et mène à un emploi. Pour une création, que ton projet est mûr (financement, clients, moyens)
  • Du temps avant de démissionner : CEP, dossier, attente de la décision
  • De tenir tes engagements : France Travail vérifie, dans les 6 mois, que tu réalises bien ton projet

Ce qui se cumule

  • Si tu crées ton entreprise, tu peux choisir entre le maintien de ton chômage et l'ARCE, et demander l'ACRE
  • Ton CPF peut financer ta formation

Comment faire

  1. Demande un CEP avant toute démission : sur mon-cep.org ou auprès de l'Apec si tu es cadre.
  2. Construis ton projet avec ton ou ta conseillère : formation choisie, débouchés, budget.
  3. Dépose ton dossier sur demission-reconversion.gouv.fr, auprès de la Transitions Pro de ta région.
  4. Attends l'attestation de caractère réel et sérieux.
  5. Démissionne, puis inscris-toi à France Travail dans les 6 mois et demande ton allocation.

Tout comprendre sur la démission pour reconversion

C'est quoi, exactement ?

En France, quand on démissionne, on n'a en principe pas droit au chômage. C'est la règle de base : l'allocation chômage est faite pour les personnes qui perdent leur emploi sans l'avoir choisi.

La démission pour reconversion, aussi appelée dispositif démissionnaire, est une exception créée en 2019. Elle permet à une personne en CDI de démissionner pour réaliser un projet professionnel, et de toucher l'allocation chômage (ARE) pendant qu'elle le réalise. Ce projet peut être :

  • Une reconversion qui demande une formation : tu changes de métier en suivant une formation
  • Une création ou une reprise d'entreprise : tu lances ton activité

La condition clé, c'est que ton projet soit validé avant ta démission. Une commission régionale, Transitions Pro, vérifie qu'il est « réel et sérieux ».

Pourquoi c'est un dispositif à part

Beaucoup de salarié·es rêvent de changer de vie, mais restent bloqué·es pour une raison simple : sans chômage, démissionner revient à se retrouver sans revenu. La rupture conventionnelle est une solution, mais elle demande l'accord de l'employeur, qui peut refuser.

La démission pour reconversion te rend ta liberté : tu n'as pas besoin de l'accord de ton employeur. Tu prépares ton projet, tu le fais valider, puis tu démissionnes avec la garantie de toucher le chômage.

En contrepartie, le dispositif est exigeant : il demande une vraie préparation, et il est contrôlé.

Dans quelles situations ça aide vraiment

Ton employeur refuse une rupture conventionnelle. C'est le cas typique : tu veux partir, mais ton employeur ne veut pas négocier.

Ta formation est incompatible avec ton poste. Tu veux suivre une formation longue, à temps plein, et tu ne peux pas la faire en gardant ton emploi. Si tu ne remplis pas les conditions du projet de transition professionnelle, ou si ton dossier y a été refusé, la démission pour reconversion est une alternative.

Tu veux te lancer à ton compte. Tu as un projet d'entreprise mûr, et tu veux t'y consacrer à plein temps avec un filet de sécurité. Tu pourras ensuite choisir entre le maintien de ton chômage et l'ARCE.

Tu as travaillé longtemps dans le même secteur et tu veux tourner la page. Le dispositif demande environ 5 ans d'activité : il s'adresse justement aux personnes qui ont déjà un vrai parcours.

Deux exemples concrets

Ces exemples sont fictifs, mais les règles sont réelles.

Sarah, 29 ans, en CDI dans la banque depuis 7 ans. Elle veut devenir ébéniste. La formation dure 10 mois à temps plein. Son employeur refuse une rupture conventionnelle. Elle demande d'abord un CEP, fait deux stages découverte chez des artisans, puis dépose son dossier auprès de Transitions Pro avec le programme de formation et des échanges avec des professionnels. Son projet est jugé réel et sérieux. Elle démissionne, s'inscrit à France Travail, et touche l'ARE pendant sa formation.

Thomas, 30 ans, commercial en CDI depuis 6 ans. Il veut ouvrir un food truck. Il travaille son projet avec un CEP : étude de marché, budget, emplacements, financement. Transitions Pro valide son projet. Il démissionne, s'inscrit à France Travail et crée son entreprise. Il choisit l'ARCE pour financer son camion, et demande l'ACRE pour réduire ses cotisations la première année.

Qui peut en bénéficier, en détail

Pour être éligible, tu dois remplir toutes ces conditions :

  • Être en CDI dans le privé, à temps plein ou à temps partiel. Les CDD, l'intérim, les fonctionnaires et les indépendant·es ne sont pas concernés
  • Avoir travaillé au moins 1 300 jours sur les 60 derniers mois, soit environ 5 ans, chez un ou plusieurs employeurs. Les congés sans solde, les congés sabbatiques et les mises en disponibilité ne comptent pas
  • Remplir les conditions habituelles de l'allocation chômage
  • Avoir un projet de formation ou de création d'entreprise jugé réel et sérieux

Le parcours, étape par étape

Le plus important : tout se fait avant de démissionner. L'ordre des étapes compte.

1. Demander un conseil en évolution professionnelle (CEP). C'est obligatoire, et la demande doit être faite avant ta démission. Selon ta situation, tu passes par l'opérateur de ta région (mon-cep.org) ou par l'Apec si tu es cadre.

2. Construire ton projet avec ton ou ta conseillère. Pour une formation : le métier visé, la formation choisie, son coût, ses débouchés. Pour une création : ton offre, tes clients, ton budget, ton financement.

3. Déposer ton dossier auprès de Transitions Pro. Tu y présentes ton projet et les éléments qui prouvent qu'il est sérieux.

4. Recevoir l'attestation. Si ton projet est validé, Transitions Pro te remet une attestation du caractère réel et sérieux de ton projet. S'il est refusé, tu ne démissionnes pas : tu gardes ton poste et tu peux retravailler ton dossier.

5. Démissionner. Seulement maintenant, attestation en main.

6. T'inscrire à France Travail dans les 6 mois. Après la notification de la décision, tu as 6 mois pour t'inscrire et demander ton allocation.

7. Réaliser ton projet. France Travail vérifie, dans les 6 mois suivant l'ouverture de tes droits, que tu fais bien les démarches prévues : inscription en formation, création de ton entreprise…

Ce que Transitions Pro regarde dans ton dossier

Pour un projet de formation, la commission vérifie notamment :

  • La cohérence entre ton parcours, la formation choisie et le métier visé
  • La pertinence de la formation : est-ce qu'elle mène vraiment à ce métier ?
  • Les perspectives d'emploi dans ta région

Pour un projet de création ou de reprise, elle regarde :

  • La maturité du projet : tu as identifié tes clients, ton offre, ton prix
  • Les moyens : financement, besoins en matériel ou en local
  • Ta préparation : formations à la gestion, accompagnement, réseau

Ce qui peut mal tourner

  • Démissionner avant d'avoir l'attestation. C'est l'erreur la plus grave : sans attestation, pas de chômage
  • Démissionner avant d'avoir demandé ton CEP. Ton projet ne sera même pas étudié
  • Ne pas réaliser ton projet. Si France Travail constate que tu ne fais pas les démarches prévues, tu risques d'être radié·e pendant 4 mois et de perdre 4 mois d'allocations
  • Dépasser le délai de 6 mois pour t'inscrire à France Travail après la décision

Démission pour reconversion, PTP ou rupture conventionnelle ?

  • Le projet de transition professionnelle (PTP) est plus sécurisant : tu gardes ton salaire et ton poste. Mais il demande l'accord de Transitions Pro pour financer la formation, et il ne concerne pas la création d'entreprise
  • La rupture conventionnelle est plus simple : pas de dossier à valider, et tu touches le chômage. Mais elle demande l'accord de ton employeur
  • La démission pour reconversion te laisse libre de partir sans accord, avec le chômage. En échange, ton projet doit être validé et tu seras contrôlé·e

Ce que personne ne te dit

  • Ne démissionne jamais avant d'avoir l'attestation. Sans elle, tu n'auras pas le chômage.
  • Le CEP doit être demandé avant la démission, sinon ton dossier n'est même pas étudié.
  • Les contrôles sont réels : si tu ne suis pas ta formation ou ne lances pas ton activité, tu risques d'être radié·e 4 mois et de perdre 4 mois d'allocations.
  • Une rupture conventionnelle reste plus simple si ton employeur est d'accord : pas de dossier à valider.

Sources : France Travail, Démission-reconversion.gouv.fr.

Pas sûr·e que ce soit pour toi ?

Le diagnostic gratuit te dit en 1 minute quelles options collent à ta situation.

Fais le diagnostic

Si ça ne colle pas, regarde aussi

  • Te reconvertir

    Projet de transition professionnelle (PTP)

    Tu es salarié·e et tu veux changer de métier ? Le PTP finance une formation certifiante et maintient ton salaire pendant que tu te formes, puis tu retrouves ton poste si tu veux.

    • 2 ans d'activité salariée
    • Salaire maintenu (souvent 100 %)
  • Être accompagné·e

    Conseil en évolution professionnelle (CEP)

    Un ou une conseillère t'aide gratuitement à faire le point, à construire ton projet et à trouver comment le financer. C'est confidentiel, et ouvert à tout le monde.

    • Pas de limite d'âge
    • 100 % gratuit
  • Lancer ton activité

    ARCE ou maintien du chômage

    Tu crées ton activité en touchant le chômage ? Tu peux garder ton allocation chaque mois, ou recevoir une partie de tes droits d'un coup pour démarrer. On t'aide à choisir.

    • Si tu touches le chômage
    • Jusqu'à 60 % de tes droits

Questions fréquentes

Peut-on toucher le chômage après une démission ?

Oui, avec la démission pour reconversion, si ton projet de formation ou de création d'entreprise est validé par Transitions Pro avant ta démission, et si tu as environ 5 ans d'activité salariée.

Combien de temps faut-il avoir travaillé ?

Au moins 1 300 jours sur les 60 derniers mois, soit environ 5 ans, chez un ou plusieurs employeurs. Les congés sans solde et les congés sabbatiques ne comptent pas.

Est-ce possible en CDD ?

Non, le dispositif est réservé aux salarié·es en CDI dans le privé.

Que se passe-t-il si mon projet est refusé ?

Tu ne démissionnes pas, tu gardes ton poste. Tu peux retravailler ton projet avec ton CEP et redéposer un dossier.